Une signature, une loi, et soudain, les cartes sont rebattues pour tout le secteur financier philippin. Rodrigo Duterte vient d’apposer son paraphe sur le FIST Act, le texte qui promet de redonner de l’air aux banques et de relancer l’activité là où la Covid-19 a frappé fort. Derrière le jargon technique, l’enjeu est limpide : permettre aux institutions de se délester de leurs créances douteuses, remettre à flot leurs bilans, et injecter du crédit là où on l’attend désespérément.
La FIST Act arrive comme une réponse directe à la tempête économique soulevée par la pandémie. Son fonctionnement est pensé pour sortir les banques de l’engrenage des prêts en souffrance : chaque établissement financier peut désormais transférer ses créances douteuses à des sociétés de gestion d’actifs, reprenant un modèle déjà éprouvé après la crise asiatique des années 2000. Ces sociétés absorbent le risque, nettoient les comptes et libèrent les banques pour qu’elles puissent enfin rejouer leur partition de prêteur.
Solution à un problème inquiétant
Les rapports de la Banque centrale des Philippines sont sans appel. Fin 2020, le montant des prêts non performants frôlait les 392 milliards de pesos, contre 235 milliards l’année précédente. Cette flambée montre l’impact de la crise sanitaire sur le secteur bancaire, forçant les institutions à revoir leur mission première : irriguer l’économie.
Le FIST Act s’ancre précisément dans cette réalité. Pour Harry Roque Jr., porte-parole du président, il ne s’agit pas seulement d’une loi, mais d’un levier de redémarrage. Les banques retrouvent de l’oxygène pour financer les secteurs les plus éprouvés. Dans l’ombre, des sociétés spécialisées rachètent les actifs détériorés, offrent un peu de répit aux établissements et ouvrent la voie à de nouvelles initiatives de crédit.
L’espoir de stabilité et de croissance
Dans la bouche du gouverneur de la Banque centrale, Benjamin Diokno, ce texte prend la dimension d’un rempart. Il prévoit même un recul marqué des prêts non performants, en clair, un coup de balai sur les bilans toxiques. Avec cette perspective, tout l’écosystème bancaire devrait gagner en solidité et en résistance face aux chocs futurs.
L’enjeu ne s’arrête pas à la simple gestion des créances. En rendant possible un retour à l’équilibre, le texte espère faciliter l’accès au crédit pour une large palette d’emprunteurs, que ce soit des petites entreprises en quête de reprise ou des groupes plus importants prêts à investir. Une marge de manœuvre retrouvée pour relancer la consommation, raviver l’investissement, et redonner du mouvement à une économie trop longtemps figée.
Ce vent nouveau ne fait pas disparaître en un claquement de doigts les cicatrices de la crise. Mais il replace l’espoir au centre des discussions. Dans les salles de réunion feutrées des banques comme derrière les comptoirs des PME, la moindre ouverture de crédit devient le point de départ d’une trajectoire nouvelle. Reste à observer si ce pari sur la résilience inspirera, à terme, d’autres tours de table bien au-delà des Philippines.

